EDITO : DES PROMESSES ET DES ACTES

Les fins d’années sont pavées de bonnes intentions. Alors que les discours et les actes de Donald Trump nous tétanisent de désespoir, de grandes promesses s’élèvent du One Planet Summit. Le président français Emmanuel Macron s’est mis en scène lors de cet exercice organisé par la France, l’ONU et la Banque mondiale auquel participaient une cinquantaine de chefs d’État. Promesses : engagement de 91 entreprises dont Air Liquide, Airbus, Axa, Danone, EDF, L’Oréal, SNCF, Veolia… dans le French Business Climate Pledge, pour un montant de R&D de 300 G€ dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et le déploiement d’autres énergies bas carbone et des projets contribuant à lutter contre le changement climatique. De grandes banques annoncent qu’elles ne financeront plus les sables bitumineux et les infrastructures de transport associées. La Banque mondiale stoppera dès 2019 le financement de la production du gaz et du pétrole (1,6 G$ sur les 400 G$ en 2016). La surveillance des 100 entreprises mondiales les plus émettrices par le Climate Action 1+ sera effectuée par 225 investisseurs mondiaux qui représentent 26 300 milliards de dollars d’actifs. Quelques 237 entreprises, dont Coca-Cola, EDF, Deloitte, Dow Chemical, Société générale ou encore Axa représentant 6 300 milliards de dollars de capital s’engagent à appliquer un reporting volontaire sur le climat. Espérons que cela dépasse le greenwashing des mastodontes et que l’économie réelle en soit transformée. Quel appel à l’engagement des PME qui sont pourtant les artisans de fait des changements effectifs ?

Grand absent encore de ces nécessaires engagements qui doivent encore se traduire en actes, les gouvernements eux n’ont pas pris d’obligations. Pour impulser une transition il faut rendre l’économie carbonée moins rentable et surtout ne pas la subventionner. Ce devrait être aussi l’objet d’un réel marché du carbone. Les puissances publiques doivent orchestrer une réelle impulsion pour les projets qui luttent contre le dérèglement climatique.

Jean Jouzel et Pierre Larrouturou renouvellent leur appel de 2015, telles des voix qui prêchent dans le désert : il faut 1 000 milliards pour sauver le climat ! Ils demandent un plan européen ambitieux pour répondre au défi majeur du réchauffement climatique. D’année en année, le nombre d’évènements climatiques extraordinaires augmente, ce sont les assureurs qui le disent !! Il a fallu moins de temps pour « sauver » les banques suite à la crise financière de 2018.

 

Au final, c’est la courbe des émissions mondiales qui permet de juger si enfin l’inflexion économique se produit. Pour l’instant il n’en est rien. Et la France reste un nain dans les énergies renouvelables, la surface cultivée en bio est minime alors que la demande croit de 16% et que la biodiversité s’écroule, le remplacement des véhicules diesel par des essences repoussera d’autant le passage à l’électrique et surtout aux solutions alternatives à la voiture individuelle.  

Après l’économique et financier des voix s’élèvent pour proposer une gouvernance juridique. C’est l’objet de la tribune signée par Laurent Berger, Philippe Frémeaux et Audrey Pulvar. Climat : « l’enjeu est d’assujettir le droit commercial au droit environnemental et social ». En effet, il faudrait que le commerce international régit par l’OMC et de plus en plus de traités de libre-échange comme le CETA avec le Canada ou celui avec le Japon, intègrent les objectifs de l’accord de Paris contre le réchauffement. Vraiment pas gagné, pour preuve, la justice norvégienne vient de débouter des ONG opposées à l’attribution par la Norvège de licences pétrolières dans l’Arctique.

Agir en Bretagne en collaboratif

En Bretagne, petits moyens et grandes ambitions, la Breizh COP vise à élaborer un projet de territoire, un SRADDET.  Le Conseil régional a la volonté « de partager largement l’élaboration de ce projet dans une démarche participative, citoyenne et innovante ». Le réseau Cohérence y prendra toute sa place. Depuis 20 ans votre réseau s’efforce de peser pour un développement durable et solidaire. Nous ne nous résignerons pas et nous ne serons jamais indifférents.

Cette force c’est vous qui nous la donnez, ce sont toutes les initiatives de vos associations ainsi que les outils qui ont été élaborés au long de ces années qui contribuent peu à peu à une autre façon de vivre, de travailler, de se loger, de se déplacer, de s’alimenter, d’autres manières de faire qui infusent nos sociétés. Pour parodier à notre tour, après le président Emmanuel Macron les paroles de John Fitzgerald Kennedy, demandons-nous chaque matin ce que nous pouvons faire pour la planète…et faisons-le.

C’est le modèle collaboratif dont vous trouverez aussi l’illustration dans le dernier rapport du Ceser : Les défis de la vie associative en Bretagne (à télécharger gratuitement sur http://www.bretagne.bzh). Le schéma emprunté à French Citizen, montre la nouvelle organisation sociétale copiée sur les réseaux internet. C’est par elle que les transitions innervent les territoires. Un réseau horizontal, sans centre, basé sur le partage et dans lequel chaque point est relié aux autres points, un réseau distribué. Nous en faisons tous partie.

Très belle et heureuse année 2018, écologique et solidaire !

Carole Le Bechec et Marc Pouvreau

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