Edito

Marc Ouvreau et Carole Lebechec

Le réseau Cohérence a éprouvé le besoin d’établir un lien éditorial avec ses adhérents à maintes reprises dans le passé avec plus ou moins de succès. Si le site est régulièrement alimenté et le contact quasi instantané entre les membres au moyen de la mailing liste « réseau Cohérence-membres », la newsletter née il y a peu, permet un échange plus construit et une information qui peut s’adapter selon les circonstances. Elle a subi depuis quelque temps une éclipse. Nous souhaitons reprendre notre dialogue en profitant du  «regain d’optimisme »  né sans doute d’une frayeur rétrospective ! Peu importe. Il est là, ne boudons pas notre plaisir.

La nomination de N.Hulot en qualité de ministre d’Etat chargé de la transition écologique constitue pour nos associations une satisfaction dont nous avons peine à mesurer l’intérêt pour le défi qui nous mobilise.
Certes on a trop longtemps été qualifié de doux rêveurs pour embarquer dans ce qui peut apparaître comme un leurre électoral destiné à forger une majorité de gouvernement dont le programme demeure encore incertain. Il n’en reste pas moins qu’en l’espace de quelques mois, l’horizon politique s’est singulièrement éclairci. L’hypothèse d’une France complètement repliée sur elle même mettant en œuvre un programme économique à rebours de ses intérêts ne pouvant en aucun cas s’inscrire dans une démarche écologique est désormais écartée. Le rejet des propositions des partis au pouvoir ces 20 dernières années ouvrent une perspective saisie à bras le corps par un artisan avisé de la COP 21. Il a eu l’intelligence de résister à la tentation du pouvoir suprême qu’il n’était pas en mesure de conquérir pour mieux rebondir , considérant que l’urgence écologique lui imposait de saisir la main tendue non sans penser qu’il était en droit d’exiger des garanties. Pour ma part je considère que l’appel de N Hulot à se rallier à la candidature Macron entre les 2 tours illustre assez bien son état d ‘esprit qui n’ a pu échapper au Président lorsqu’il a constitué son gouvernement.
Au delà de la confiance méritée que nous pouvons faire à N Hulot dont le parcours est exemplaire, il nous faut considérer la nouvelle donne politique et parier en toute conscience sur une démarche résolument européenne désormais garante principale d’une mise en œuvre d’un programme écologique mondial encore incertain. La route est tracée, « les chemins encore semés d’embûches », tant sur le plan national qu’international mais nous les surmonterons.
Le rapprochement avec l’Europe prôné par le président est susceptible de trouver un écho favorable dans une collaboration renouvelée avec l’Allemagne pourrait aussi avoir une conséquence heureuse sur le plan agricole (le budget européen est d’abord agricole ). Il pourrait à la faveur de ce rapprochement et en considération d’une vision au service de la planète, se traduire par un programme d’aide résolument ouvert sur une agriculture au service des territoires. Financer la nécessaire mutation d’une chaîne de production trop tournée vers l’export au dépend des économies vivrières des pays tiers et dévastatrice des paysages et de la biodiversité en Europe. La nomination d’un Ministre de l’agriculture parfaitement inconnu mais spécialiste de l’agriculture de montagne ne serait elle pas un signe à confirmer ? Une nouvelle PAC orientée vers le changement de modèle est appelée de tous nos vœux.
Pour l’heure, il nous appartient à nous associations de continuer la lutte. Le modèle socio-libéral du nouveau président ne doit pas se développer au dépend de nos biens commun, c’est bien de transitions dont nous avons besoin et pas de la poursuite d’un « business as usual » prônant la mondialisation comme une panacée sans en prévenir les travers et tenter de reconquérir des marchés de qualité, respectueux de l’environnement et des hommes.

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